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VAGUE DE FROID REMARQUABLE EN AMÉRIQUE DU NORD
Publié le 27-1-2019 à 0h33
par Ylber Krasniqi
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Depuis le Weekend dernier de virulentes descentes polaires se sont opérées sur une bonne partie de l'Amérique du Nord: plus particulièrement du Nord du Midwest jusqu'au Québec. De virulentes tempêtes de neiges ont paralysé ces zones: dimanche dernier il a ainsi neigé 20 cm à Montréal sous une température de -19°C. Dans le même temps, on pulvérisait des records de froid à Chapais au Québec avec 3 nuits d'affilées où la barre des -42°C a été franchie voire même dépassée ( avec même -42.7°c relevés samedi et dimanche matin dernier ce qui constitue un record de froid absolue pour cette zone). 

Je vous propose une ré analyse des conditions atmosphériques réunies sur le continent Nord Américain afin de mieux comprendre ce qu'il s'est passé ce qui va nous permettre de mieux anticiper l'évolution du temps prévu qui sera dédié à la seconde partie de cet article.

 

 

I/ RE ANALYSE DES CONDITIONS ATMOSPHERIQUES

 

Nous allons commencer par les analyses d'altitude puis se rapporcher de plus en plus de la surface afin d'avoir une compréhension asssez globale des évènements.

 

1) Jet Stream

 

Le 20 Janvier, là où l'épisode de froid intense se fait ressentir on remarque  une entrée et sortie gauche de jet associée à une forte diffluence en haute altitude: dans un premier temps de l'air relativement sec mais assez froid concerne une bonne partie des USA. En revanche ce Jet lorsqu'il remonte au Québec sous forme de sortie Gauche il se charge d'humidité en provenance du Lac Erié ainsi que du Lac Ontario. 

 

 

Le 21 Janvier  le jet admet une circulation beaucoup plus linéaire limitant considérablement l'apport en humidité en provenance des Lacs: les précipitations se font de plus en plus rare. Le froid concerne surtout l'extrême Nord des USA. 

 

 

Le 22 Janvier, on constate l'arrivée d'un flux plus doux et sec sur les USA: l'air froid se rétracte de plus en plus. Le Sud de l'Ontario se radoucit également considérablement. En revanche le décalage du Jet plus à l'Est laisse la porte ouverte à un refroidissement plus important sur une bonne partie du Québec ainsi que de l'Ontario en cours de nuit plus particulièrement sur les surfaces enneigées par effet d'albédo. 

 

 

Le 23 Janvier, on change encore de configuration avec un apport d'air beaucoup plus doux et humide du Sud des USA jusqu'au Québec: plus de 20°c d'amplitude à Montréal ce jour là entre le matin et l'après midi et de fortes précipitations. Une bonne partie du manteau neigeux fût progressivement en fonte libre.  Dans le même temps entre le Midwest et les Rocheuses, un temps relativement de saison s'opère.

 

Ce redoux ( assez relatif et temporaire se confirme pour la journée de ce 24 janvier) où le Jet se scinde en deux en concernant exclusivement les zones s'étirant de l'Ohio au Québec. 

 

Les températures sont de temps à autres comprises entre 5 et 10°C: la neige fond brusquement même si ponctuellement une partie du manteau neigeux subsiste. Des inondations locales sont à déplorer en raison en plus de fortes précipitations ponctuelles. 

 

 

Et durant la toute fin de semaine,  le Jet en configuration semi parabolique s'est décalée plus vers l'Est en perdant un peu de dynamisme: le froid est revenu à Montréal avec des températures localement inférieures à -10 °C et l'eau issue des fortes précipitations et de la neige fondu a gelé sur place. Peu à peu la neige a également progressivement remplacé la pluie. 

 

Après les analyses en très haute altitude, passons maintenant aux analyses à 500 Hpa qui seront très utiles pour cerner le comportement des différents centres d'actions. 

 

 

2) Géopotentiel à 500 hpa

 

 

Pour le 20 Janvier, on voit bien un flux perturbé de secteur Nord, Nord Ouest qui humidifie les couches de plus en plus basses notamment en direction du Québec à l'origine de cet épisode neigeux remarquable qui toucha cette zone.

 

 

Une virulente coulée d'air froid toujours dans un flux dépressionnaire s'opère quelques heures après faisant exploser certains record de froid ponctuels entre le Michigan, l'Ouest de l'Ontario ainsi qu'une partie du Québec:

 

 

Le 22 Janvier, une bonne partie de l'air froid est aspirée par la dépression creusée et ondulant par le Jet plus à l'Est: le temps commence progressivement à se radoucir de plus en plus.

 

 

Le 24 Janvier, une dorsale anticyclonique se manifeste mais ne parvient pas à atteindre le Québec qui est proie à un remarquable redoux ponctué par de fortes précipitations ponctuelles: sur l'Ouest des Rocheuses le temps est également très perturbé. 

Et rebelote après le 24 Janvier, nouvelle descente d'air froid très perturbée  qui s'opère des Grandes Prairies jusqu'aux Grandes Plaines des USA.

 

 

 

En ce qui concerne l'humidité nous allons utiliser les cartes d'humidité à 700 hpa qui sont un bon indicateur de l'humidité résidant au sein de l'atmosphère par le biais des différents centres d'actions: 

 

 

3) 700 hpa RH

 

Sans aucune surprise le 20 Janvier,  présence d'humidité très importante au niveau du Québec lié à cet épisode neigeux remarquable ayant concerné Montréal et son agglomération: les températures sous lesquelles cet épisode neigeux s'est produit le rendent d'autant plus exceptionnel. Plus de 20 cm de neige sont tombés à Montréal sous -19°C.

 

 

Décalage de l'advection en humidité  plus à l'Est aspirée par la dépression le 21 Janvier.

 

 

On observe, une nouvelle advection en humidité sur une bonne partie centrale des USA remontant jusqu'au Nord de l'Ontario le 23 Janvier.

 

 

Cette advection en humidité se poursuit le 24 Janvier mais cette fois-ci en décalant en direction du Québec provoquant de fortes pluies ponctuelles.

 

 

 

 

Pour en finir avec cette ré analyse, voici les cartes à 850 hpa qui vont nous être utiles pour estimer les températures et leurs évolution: ces cartes peuvent également servir d'analyses de surfaces.

 

 

4) Temp à 850 hpa

 

Le 20 Janvier, on remarque que de l'air extrêmement froid concerne l'extrême Nord des USA, jusqu'au Nord du Québec et de l'Ontario en passant par l'Est des Grandes Prairies canadiennes. 

 

 

Le 21 Janvier cet air glacial se rétracte en direction du centre du Québec et du Nord Nord Est de l'Ontario.

 

 

Le 23 Janvier, pendant que l'air froid s'écoule sur une bonne moitié Ouest des USA, de l'air beaucoup plus doux remonte plus à l'Est provoquant des conflits de masses d'airs au point de rencontre à l'origine de la formation de dépressions qui vont se décaler de l'Est des grands lacs jusqu'au Québec notamment pour la journée du 24 Janvier.

 

 

 

 

Voici deux vidéos remarquables prises à Montréal le 20 Janvier 2019. La seconde vidéo a été prise par Mathieu Lussier membre de Extrême Chase Québec. 

 

 

 

 

 

 

II) EVOLUTION ULTERIEURE DE LA CONFIGURATION SYNOPTIQUE 

 


 

Sans entrer dans les détails, les modèles sont assez unanimes sur l'évolution du temps à venir. Voici plusieurs cartes extraites des simulations numériques de l'atmosphère issue de plusieurs modèles: on remarque que la nuance est très moindre.

Tout d'abord un flux directeur de secteur Nord aurait lieu puis s'orientant progressivement un peu plus à l'Ouest provoquant progressivement des effets lacs.

 

 

 

Au début de cet épisode ( donc en ce moment, durant ce weekend notammnent: 26-27 Janvier essentiellement)  le flux perturbé et glacial serait restreint au Nord, plutôt au sein des grandes prairies canadiennes glissant peu à peu sur une bonne partie Nord des USA. Par retour d'occlusion nous pourrions avoir des chutes de neiges remarquables sur le Nord Ouest des Grands lacs entre le Wisconsin et l'Est du Dakota mais ces chutes de neiges seraient plutôt ponctuelles.

 

                                                                                                                 

  

 

Par la suite une dépression centrale se formerait au Sud des Grands lacs et c'est cette dernière qui advectera de l'air plus humide en provenance des grands lacs notamment du Lac Erié et Ontario pouvant concerner les régions plus au Nord et à l'Est en allant jusqu'au Québec.

 

 

 

                    

 

                  

 

Dans cette configuration après avoir touchée le Nord Ouest des Grands lacs, les précipitations essentiellement sous formes neigeuses concerneraient les régions plus à l'Est des USA s'étirant jusqu'au Québec en passant également par l'Ontario. Il ne faut pas oublier qu'auparavant les plus gros effets de lacs devraient avoir lieu entre l'Illinois et l'Ohio en passant par le Michigan et l'Indiana.

 

Dès ce début de semaine ( aux alentours du 28- 29 Janvier) , il faudrait surveiller un tems potentiellement assez perturbée sur le Sud Est des Etats Unis pouvant éventuellement provoquer de virulentes bandes orageuses au confins de la Floride: tout cela reste à affirmer bien entendu.

 

              

 

                    

 

 

 Pour en revenir aux effets de lacs, comme évoqué ils devraient se faire de plus en plus importants notamment au Sud Sud Est des Grands Lacs.

 

 

 

Ces chutes de neiges devraient se décaler plus à l'Est en direction de l'Ontario et du Québec ( au Canada) mais aussi sur une partie du Nord Est des USA: sur le Nord Est des USA on pourrait bien évidemment  avoir des effets de lacs. En revanche ces chutes de neiges résulteront plutôt de l'advection d'humidité en provenance des Lacs en Ontario et au Québec même si très ponctuellement on ne peut pas exclure quelques effets lacs là-bas également.

 

 

 

Un nouvel épisode neigeux est probable lundi en suivant globalement le même cheminement.  

 

 

 

D'un point de vue dynamique frontale, le plus gros en terme de neige devrait balayer les régions américaines au sud des Grands lacs au plus tard d'ici mardi prochain. En revanche entre mardi et jeudi prochain le plus gros en terme de neige concernerait une partie du Nord Est des Etats Unis en remontant jusq'au Québec et en Ontario. 

 

 

 

 

 

Pour terminer  en ce qui concerne l'évolution du temps sur le continent Nord Américain:  dans un premier temps ce weekend de l'air très froid est en train d'arriver en provenance des Grandes Prairies canadiennes (déboulant plus au Sud) associé à un courant perturbé de secteur Nord à Nord Ouest.  Par retour d'occlusion on pourrait avoir de la neige sur le Nord Ouest des Grands lacs notamment selon un axe Madison dans le Wisconsin jusque Fargo dans le Dakota du Nord.  Puis ensuite les plus grosses chutes de neiges devraient avoir lieu entre l'Indiana, le Michigan et l'Ohio lorsque le vortex polaire plongera directement sur ces zones avec de magnifiques effets de lacs. Entre le 28 et le 29 une sortie gauche de Jet s’opérera en direction du Québec avec une advection d'humidité en provenance du lac Erié et Ontario propice à des chutes de neiges: il n'est pas complètement impossible que ce soit sur ces zones d'ailleurs que les cumuls neigeux relevés soient les plus importants puisque c'est sur ces zones que la situation serait à priori la plus bloquée. En ce qui concerne le maximum d'intensité du froid, il devrait avoir lieu sur une bone partie centrale des Etats Unis généralement après le passage des chutes de neiges donc au plus d'ici mardi voire très ponctuellement d'ici mercredi matin. Pour le petit quart Nord Est des Etats Unis en remontant jusqu'au Québec, le maximum de froid devrait avoir lieu pluôt jeudi voire même vendredi prochain. L'effet d'albédo joue un rôle extrêment important dans ces condtions là: c'est pour ça qu'une simple lecture brute des modèles ne suffit pas hélàs car ces effets ne sont pas toujours bien appréhendés par ces derniers.  Le froid pourrait tout de même régresser sur le continent Nord Américain à partir de la fin de semaine prochaine.

 

 

            

 

      

                                                                   

 

 

A noter que NYC n'est pas aux premières loges de cet assaut hivernal remarquable: cela ne veut pas dire pas dire que NYC ne sera pas touchée pour autant: les températures pourraient d'ailleurs être localement comprises entre -10 et -15 °C au plus froid de cet épisode pour cette ville. En revanche , Chicago est bien mieux placée pour subir potentiellement d'importantes chutes de neiges mais aussi des températures remarquablement basses. On pourrait localement frôler la barre des -30°C à Chicago durant la période de froid la plus intense,  entre -30 et -35°C du côté de Minneapolis plus particulièrement sur les sols enneigés. Le froid serait un peu plus modéré à l'intérieur du Michigan ( n'excédant pas largement la barre des -20°C). On atteindrait également la barre des - 20°C du côté de Montréal, les -25°C du côté d'Ottawa. Fargo en Dakota du Nord, sur des sols ponctuellement enneigés devrait voir des températures inférieures à -35°C localement tout comme Duluth située au nord de Minnesota. Cet air froid au fur et à mesure qu'il se décalerait vers l'Est perdrait peu à peu de vigueur mais les chutes de neiges pourraient rester très importantes: ainsi du blizzard sous - 20°C peut s'avérer très problématique. Malheureusement il n'est pas exclue qu'un scénario type comme celui du 20 Janvier ne se reproduise de nouveau à Montréal ou sur ces zones du grand Est américain et canadien que j'ai déjà mentionnées de façon globale.

 

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