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RETOUR SUR LES ÉVÉNEMENTS REMARQUABLES QUI ONT CONCERNE ET QUI CONCERNENT l'AMERIQUE DU NORD
Publié le 11-2-2019 à 6h14
par Ylber Krasniqi
- nombre de vue : 523

Du 25 janvier au 1er février un épisode de froid particulièrement intense a concerné une bonne partie du continent Nord-Américain, plus particulièrement les Etats-Unis avec des températures extrêmes qui ont accompagné ce remarquable épisode de froid qui fût relativement bref mais très intense. 

Dans une première je vais faire une analyse plutôt poussée des conditions réunies au déclenchement de cette vague de froid avant de progressivement m'attarder au bilan en tant que tels avec les chiffres, les photos, les vidéos...dans une seconde partie puis dans une trosième partie nous remonteront à l'actualité plus récente notamment sur ce qui se passe actuellement au Nord Ouest des Etats-Unis. 

 

 

I) ANALYSE DE LA CONFIGURATION 

 

 

a) Généralités 

 

A partir de l'automne la quantité de rayonnement solaire diminue drastiquement , c'est particulièrement vrai au niveau des Pôles. Dans le cas du Pôle Nord, on aura la constitution de vastes zones froides à une altitude d'environ 30 km, au niveau donc de la stratosphère qui se situe généralement entre 10 et 50 km selon les régions et les conditions météorologiques. Par exemple aux Pôles, la tropopause ( qui est le sommet de la troposhère et qui marque la couche limite entre cette dernière et la  stratosphère) se situe généralemnt sous les 8 km, alors qu'à l'équateur la tropopause se situe souvent entre 12 et 15 km notamment aux confins de la Zone de convergence intertropicale.Sous certaines supercellules orageuses, la tropopause peut également se situer à une altitude d'environ 18 km... Le niveau bas de la stratosphère est donc variable.

Cette zone d'air froid qui se forme au niveau de Pôles à environ 30 km d'altitude s'appelle le vortex polaire. Une puissante circulation d'Ouest en Est ( plusieurs centaines de km/h) se met en place au Pôle Nord en Automne et en hiver autour du vortex polaire permettant de maintenir la zone géographique. Cette ciruclation s'appelle le Jet stratosphérique de la nuit polaire à ne pas confondre avec le Jet stream qui lui se situe beaucoup plus bas, généralement au niveau de la tropopause à une altitude d'environ 10 km, voire localement plus ou moins en fonction des zones géographiques. 

La variation des températures est cyclique au sein du vortex polaire: en descendant entre l'Automne et l'hiver et en augmentant entre le printemps et l'été et ainsi de suite... Mais il arrive parfois à un moment donné, à un endroit donné qu'il y ait ce qu'on appelle un réchauffement stratosphérique où les températures peuvent gagner plusieurs de quelques jours voire quelques semaines. Ce réchauffement stratosphérique soudain, (autrement dit SSW : sudden stratospheric warming en anglais) admet plusieurs classifcations établies par l'OMM que je ne vais pas toutes énumérer.

Essentiellement on retrouve la classification majeure qui est valable pour un SSW aux alentours de 40 km d'altitude ( ou moins) avec une augmentation de températures au confins du Pôle d'au moins 60°C en peu de temps:  un SSW majeur a pour conséquence une inversion de la circulation des vents autour du jet stratosphérique de la nuit polaire: c'est-à-dire d'Est-Ouest au lieu d'Ouest-Est admettant ainsi un déphasage avec le Jet stream qui lui circule en règle général d'Ouest-Est dans l'hémisphère nord bien entendu. Le jet Stream rencontrant des vents opposés, admettra des cassures, des sinusoïdes, des ralentissements favorables là où il descendra à transporter de l'air froid avec lui pouvant concerner certaines zones plus ou moins habituées: c'est souvent le cas en Amérique du Nord.  

On parle de SSW mineur lorsque les températures augmentent d'au moins 25°C à une altitude de 30-40 km pour une durée allant de quelques jours à quelques semaines.  Ce type de SSW n'est pas suffisamment important pour provoquer une inversion des vents, entrant en déphasage avec le Jet stream ( ce courant de haute altitude marquant généralement la transition entre les masse d'airs relativement chaudes et les masses d'airs relativement froides). mais peut le ralentir considérablement pouvant avoir des répercusssions importantes sur le temps sur certaines zones du monde à une échéance plus ou moins loingtaine. 

Voici d'ailleurs un graphique témoignant d'un remarquable SSW au dessus d'Obninsk en Russie en 2015 à une centaine de km au Sud Ouest de Moscou.  

  

 

Bien évidemment pour aboutir à une vague de froid comme ce qu'il s'est passé en Amérique du Nord, seul un SSW n'est pas suffisant , il faut que les centres d'actions y soient favorable notamment avec une dépression à proximité pour pouvoir drainer l'air froid. Il y a également plusieurs autres configurations que je pourrai énumérer favorable à des descentes polaires virulentes mais dans le cas présent c'est bel et l'intensité remarquable du SSW suivi par des centres d'actions opportuns qui ont été favorables à cette vague de froid remarquable sur le continent Nord-américain. D'ailleurs tous les SSW ne sont pas propagatifs et ne se propagent pas suffisamment dans les basses couches jusqu'à influencer considérablement le temps à nos contrées. 

Pour retrouver certaines informations évoquées ci-dessus au sujet du Vortex polaire et pour aller plus loin, je vous invite également à consulter cette vidéo: 

 

 

b) Application au continent Nord-Américain 

 

Le SSW majeur qui s'est produit au Nouvel An a entraîné un éclatement du vortex polaire propagatif qui s'est cantonné sur le Midwest (plus particulièrement) piloté par un flux dépressionnaire et les répercussions sur la synoptique ont eu lieu presque un mois après le SSW majeur. Comme quoi les conséquences mettent plus ou moins de temps pour se faire sentir lorsque les conditions sont réunies. 

De routine générale lorsqu'il y a un SSW ( plus ou moins important), les morceaux du vortex polaire ( issue de son éclatement) ont plutôt tendance à se diriger vers la Sibérie, c'est d'ailleurs également pour ça ( en partie) qu'il fait continuellement très foid là-bas de l'Automne jusqu'au Printemps.                                                      Mais la multiplication récente de ces SSW, entraînant localement des éclatements du  vortex polaire a poussé un de ces morceaux de vortex à descendre sur les plaines américaines, produisant cette vague de froid extrême qui a d'ailleurs entraîné dans son sillage un flux perturbé dépressionnnaire et très froid sur des régions non habituées par la neige comme Seatlle, qui doivent affronter de véritables tempêtes de neiges ( mais j'aurai l'occasion d'y revenir ci-dessous). 

 

Voici deux configurations ( schématisées donnant une vue d'ensemble généralise à ne pas prendre au pied de la lettre bien entendu en ce qui concerne les délimitations des zones géographiques ) l'une présentant une situation plus classique avec le vortex polaire cantonné aux hautes lattitudes et l'autre l'éclattement du vortex polaire transporté par le courant Jet aux plus basses lattitudes.  Bien évidemment les conflits de masses d'airs peuvent jouer un rôle fondamental dans les SSW notamment en ce qui concerne leur intensité lorsque de l'air chaud remonte. Preuve que les masses d'airs chaudes n'étaient jamais très loin, les températures ont grapillé de plus de 35 à 40°C localement juste après la vague de froid sur les régions du Midwest: ce fût bien évidemment très temporaire. Dans le même temps l'Alaska subit sans cesse des excédents thermiques remarquables.  

 

      

 

Les surfaces recouvertes par la glace au sein de l'arctique sont en meilleures postures que les années précédentes mais tout de même déficitaires par rapport à la moyenne 1981-2010. Lorsque les surfaces enneigées sont importantes, ça peut-être un bon indicateur de propagation de froid à grande échelle ( un facteur parmis tant d'autres) puisque par effet d'albédo, les surfaces blanches, enneigée vont réfléchir et dévier les rayons lumineux et les zones en questions vont se refroidir durant la saison hivernale de manière plus ou moins continue: si ensuite les centres d'actions sont favorables à déplacer ce froid accumulé, on peut observer des épisodes de froid plus ou moins marqués ailleurs là où les conditions le permettent. En lien avec ce SSW propagatif, transporté en plus par un flux dépressionnaire, cet air froid a pu affluer de manière virulente sur le Midwest notamment. 

 

 

Ces deux images représentent respectivement les anomalies de températures et de pression en ce mois de Janvier 2019.  Les températures dans l'Arctique n'étaient que légèrement au-dessus de la moyenne, contrastant sensiblement  avec les récents mois de janvier où les excédents thermiques étaient bien plus importants.  En regardant le niveau de 925 hPa ( première figure), on observe des températures de 1 à 2,5 degrés Celsius (2 à 4,5 degrés Fahrenheit) au-dessus de la moyenne (de 1981 à 2010 ) au confins de la mer de Beaufort et l'archipel Arctique canadien ainsi que sur la mer de Béring. Cependant, des températures proches ou légèrement inférieures à la moyenne ont également été enregistrées dans une partie de la côte atlantique de l’Arctique. La circulation atmosphérique était inhabituelle, avec une pression au niveau de la mer supérieure à la moyenne sur une vaste zone comprenant le nord du Canada, le Groenland et le nord de l’Atlantique Nord, ainsi qu’une vaste zone de pression inférieure à la moyenne le long des côtes arctiques russes et sibériennes. Des pressions basses ont également prévalu sur le nord du Pacifique et la mer de Béring (seconde figure).  Ces deux images sont centrées sur l'Arctique, il n'est donc pas forcément évident de correctement distinguer l'Amérique du Nord. 

 

Voici cette fois-ci deux images, issues des simulations numériques de l'atmosphère plus directes que les précédentes qui furent moyennées sur le mois de Janvier en guise de ré analyse. Ici, l'image de gauche montre les vents atmosphériques (70 millibars, à environ 60 000 pieds d'altitude soit environ 18 km) le 15 janvier 2019. Cette fois-ci,  l'Amérique du Nord est au centre de cette vue. L'image de droite montre les températures de l'air en surface le 30 janvier 2019. Le 30 Janvier 2019 au petit matin, on est au maximum de l'intensité de cette vague de froid comme le témoigne cette couleur violette sur la seconde image. 

 

 

Cette carte indique la température de l'air  ( à environ 2 mètres au dessus du sol)  à 09h00 (temps universel :4 heures du matin, heure normale de l'Est) le 29 janvier 2019, représentée par le modèle du système d'observation terrestre Goddard.  GEOS est un modèle atmosphérique global qui utilise des équations mathématiques sur un supercalculateur pour représenter des processus physiques. L'animation montre les mêmes données de modèle du 23 au 29 janvier.

 

 

Sur cette image aux couleurs naturelles, acquise le 27 janvier 2019 par le spectroradiomètre imageur à résolution moyenne (MODIS) du satellite Terra de la NASA, on peut sentir le froid en observant: les rues nuageuses et la neige d’effet de lac s’étendent sur la scène alors que des vents glaciaux d’Arctique soufflent sur les Grands Lacs.

 

Voici également une vidéo explicative pour mieux comprendre la vague de froid qui a sévi en Amérique du Nord. 

 

 

 

II) BILAN DE LA VAGUE DE FROID, CONSEQUENCES, FAITS MARQUANTS...

 

Après avoir rédigé une première partie qui peut parfois s'avérer abstraite sur certaines notions, sur certains modes de fonctionnements dynamique notamment sur ce qui touche à la météorologie polaire, voici maintenant une partie beaucoup plus concrète qui regroupe la compilation de plusieurs données, valeurs relevées, avec de magnifiques reportages, photos et vidéos  permettant d'admirer à distance ces évènements remarquables. 

 

 

a) Bilan chiffré 

 

Tout d'abord je tiens à préciser que ces données proviennent des organismes officiels tels que Météo France, la NOAA, la NASA. Certaines de ces données ont également pu être tirées via d'autres sites comme Géoclimat ou Lamétéo.org par exemple. 

 

Une masse d’air extrêmement froid s’est positionnée à partir de la mi-janvier 2019 sur le centre-nord du Canada, maintenant des températures anormalement froides durant plus d’une dizaine de jours. Les températures minimales sont descendues en dessous de -40°C dans la plupart des provinces et territoires canadiens, avec de nombreux  records quotidiens de froid battus.

Voici un listening pour le Canada:

 La température est descendue jusqu’à:

1) -48,8°C le 25 janvier à l’aéroport de Shepherd Bay (Nunavut),

2) -48,0°C le 19 à Key Lake (Saskatchewan),

3)-47,7°C le 28 à l’aéroport de Geraldton (Ontario)

4)  -45,8°C le 20 à Bonnard (Québec).

Avec le windchill ( refroidissement éolien), les températures ressenties sont descendues localement en dessous de -50, voire -60 et jusqu’à -70 à Shepherd Bay (Nunavut) notamment.

À partir du 28 janvier, de l’air arctique s’est écoulé vers le sud en direction du Midwest américain, dans un flux de nord à nord-ouest particulièrement soutenu.

Voici de nombreuses valeurs remarquables relevées sur ces zones:

Les plus basses températures sous abri ont été relevées dans les États du Minnesota, Dakota du Nord, Illinois, ainsi que l'Iowa les 30 et 31 janvier, en effet, il a fait jusqu’à:

1) -45,0°C les 27 et 28 à Kabetogama (Minnesota),

2)-44,4°C le 30 à Norris Camp (Minnesota),

3) -44,4°C le 31 à Shooks et à Chamberlain (Minnesota) 

4) -43,3°C le 27 à International Falls (Minnesota) et le 30 à Lisbon (Dakota du Nord).

5)   -33,9°C le 30 et surtout -36,1°C le 31, qui pulvérise son record absolu de froid depuis 1874 (-33,3°C le 03/02/1996) à Moline / Quad City Airport (Illinois).
6)    -35,0°C le 31, qui pulvérise également son record absolu de froid depuis 1905 (-32,8°C le 10/01/1982) à Rockford (Illinois).
7)     -34,4°C le 31 (précédent record depuis 1893 : -33,9°C le 15/01/2009)  à Cedar Rapids / Municipal Airport (Iowa).
8)     -41,7°C le 30, qui égale le record du 30/01/1951 (début des mesures en 1903) à Mather (Wisconsin).

9)      -35 °C à Waterloo (Iowa) le 31/01, pas loin de son record absolu de -36,7 °C le 16/01/2009 ;

10)  -37,8°C le 31 à Morrison et -38,9°C le même jour à Mount Carroll, ce qui constituerait un nouveau record de froid pour l’Illinois (précédent record : -37,8°C le 05/01/1999 à Congerville).
11) -28,3 °C (au « meilleur » de la journée ) à Rochester (Minnesota) le 30/01, un record pour une 2e quinzaine de janvier dans cette localité. 

Ce froid d'une intensité localement exceptionnelle a été rendu d'autant plus exceptionnel qu'il fût accompagné d'un remarquable windchill. J'en profite pour rappeler que le windchill ( qui désigne le refroidissement éolien) représente la sensation de froid sur le corps humain, il ne s'agit donc pas d'une température réelle: c'est la raison pour laquelle il s'exprime sans unités. 

En ce qui concerne le Windchill, on a relevé: 

 1) -52,2 le 29 à Grafton et à Munich (Dakota du Nord)

2)  -54,4 le 29 à Ponsford

3)  et -53,9 à Flag Island (Minnesota), soit tout près du record de l’État (-57,8 le 22/01/1936 à St. Cloud).

4)  -51,1 le 29 à Charles City (Iowa) et le 30 à Menomonie (Wisconsin),

5)  -50,6 le 30 à Sisseton (Dakota du Sud), tout près là aussi du record pour chacun des trois États cités.

La valeur la plus basse du windchill jamais observé dans un lieu habité aux États-Unis est de -73,3 le 27/01/1989 à McGrath (Alaska).

La carte ci-dessous représente des anomalies de température à 2 m relevées à 2 m le 31 janvier 2019 à 00 UTC.

 

 

 

Chicago a été l'épicentre de cette vague de froid pour plusieurs raisons: températures remarquablement basses ( le matin comme l'après-midi), windchill remarquable, chutes de neiges ayant amplifié le phénomène, lac Michigan gelé, ville énorme avec de multiples photos et vidéos remarquables. 

 

À Chicago

Températures mini/maxi exceptionnelles le 30 janvier 2019 à Chicago (aéroport O'Hare) :

  • Tmin : -30,6 °C, la plus basse température depuis le record absolu de froid datant d'il y a 34 ans (-32,8 °C le 20/01/1985)
  • Tmax : -23,3 °C, 3e après-midi la plus froide jamais vue (et la plus froide depuis 25 ans), seulement devancée par les -23,9 °C des 18/01/1994 et 24/12/1983.  Ces températures se situent 23 à 24 degrés sous les moyennes climatologiques de janvier pour la ville de Chicago.

Par ailleurs, avec un vent moyen proche de 30 km/h, l'indice de refroidissement éolien: windchill (également appelé « température ressentie ») est descendu jusqu'à -47, soit le 5plus bas refroidissement éolien à Chicago depuis 1929 (le record étant de -51 le 10/01/1982).

Notons aussi que le windchill a atteint -46,7 le 30 à l’aéroport international O’Hare de Chicago (Illinois), soit la 5e plus basse valeur à la station depuis 1929 et un record depuis janvier 1985 (record absolu de -51,1 le 10/01/1982).

Ces conditions hivernales à Chicago ont également été accentuées par des chutes de neige durant 13 jours consécutifs du 17 au 29 janvier (pour un cumul de 37,3 cm), ce qui n’est arrivé que 5 fois depuis 1884 ; il a fallu remonter à l’hiver 1978-1978 (du 26/11 au 8/12/1978) pour trouver un événement similaire, le record absolu étant de 18 jours (du 9 au 23/02/1960). Le cumul annuel de neige à Chicago atteint en moyenne 92 cm. 

Chicago bénéficie d'un climat rigoureux l'hiver en raison de fréquentes visites du vortex polaire arctique et de sa zone géographique particulièrement exposée ( sans réels barrages orographiques si ce n'est le lac Michigan qui peut localement tempérer dans la partie Nord Nord-Est de Chicago l'intensité du froid auquel il faut également rajouter les effets de lacs). Il y a en moyenne 41 jours par an où il n'y a pas de dégel à Chicago, 3 jours par an en moyenne avec des températures inférieures à -20°C mais passer sous les -30°C comme en ce mois de Janvier 2019 reste très rare et exceptionnel ( occurrence vraiment faible). ​​​​​​ En revanche les variations de températures sont spectaculaires ( c'est ce que nous allons voir ci-dessous) et les hivers bien qu'il peut y avoir des effets de lacs remarquables ne sont pas vraiment enneigés sur le long terme: il est difficile d'observer un enneigement continu pour la ville de Chicago. En revanche dès que l'on commence à remonter selon un axe Madison-Milwaukee-Minneapolis/St Paul-Fargo le froid est encore beaucoup plus vif notamment dans les deux dernières villes citées et les hivers également plus continuellement enneigées. 

 

Voici la carte des températures à 2 m relevées le 30 janvier 2019 au petit matin. On voit les -31 °C à Chicago ( il fait précisément -30.6°C). Il s'agit du Modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France: on peut également retrouver ces deux dernières images sur le site de Météo France.

 

 

 

b) Conséquence de cette vague de froid sur la vie des Américains.

 

La vague de froid a tué au moins 21 personnes aux Etats-Unis principalement réparties dans le Midwest. 

A Minneapolis (Minnesota), les autorités ont ouvert des centres d'hébergement d'urgence dans les bâtiments publics et les bibliothèques, tandis que les passagers des bus et des trains sont restés à l'abri pour se réchauffer. Le froid, couplé à la neige tombée en abondance, a provoqué dès lundi la fermeture des écoles dans le Wisconsin, le Michigan, l'Indiana, l'Illinois et l'Iowa, alors que les églises et les centres sociaux ont annulé leurs activités périscolaires. Dans le Wisconsin, les tribunaux et la plupart des administrations ont fermé dès lundi. Plus de 2.000 vols nationaux ou internationaux ont été annulés pour mardi et mercredi, selon le site spécialisé FlightAware. A Winnipeg dans le Manitoba, l'une des provinces canadiennes les plus touchées par la vague de froid: d'ailleurs a plupart des écoles de la province sont restées fermées toute la journée, une situation exceptionnelle dans une région où les établissements scolaires restent généralement ouverts même par des températures de -30°C. 

Près de 30 cm de neige ont recouvert Toronto le 27-28 janvier.  La tempête a commencé à frapper Montréal mardi avec des vents de plus de 50 km/h, qui ont fait chuter le mercure jusqu'à -27°C. 

Plus de 20 cm de neige à Toronto rien que sur cette tempête de neige: 

 

 

 Il a également  neigé dans le nord-est des Etats-Unis mardi après-midi ( dans une moindre mesure). Dans la région de la capitale fédérale Washington, les administrations fédérales et les écoles ont dû fermer plus tôt. Les plaques de verglas ont commencer à se former en cours de soirée où le mercure a atteint ponctuellement des valeurs inférieures à -15°C au petit matin du mercredi, notamment sur les sols relativement enneigés.

Remarquable blizzard à Buffalo où une fois de plus Reed Timmer est au coeur des éléments ce 30 janvier 2019.

 

 

 

 Le mauvais temps s'est également répandue sur la chaîne montagneuse des Appalaches, jusqu'en Caroline du Nord.

La neige est tombée mardi matin plus au sud en Géorgie, selon des images postées sur le compte Twitter de la chaîne météo. Ces villes et beaucoup d’autres aux Etats Unis ont été totalement paralysées par la vague de froid pourtant nombreuses d'entres-elles ne sont pas habituées à connaître un tel froid.

 Dans le Midwest, plusieurs écoles sont longtemps restées fermées. Plus de 4000 vols ont été annulées sur le territoire américain, dont 1100 rien qu'à Chicago. Le courrier ne fût même plus délivrée. 

 

c) La vague de froid en images 

 

 

Voici quelques vidéos remarquables avec de magnifiques vues aériennes témoignant du lac Michigan gelé en bonne partie. Les chutes du Niagara ont également gelé partiellement.

 

 

 

En plus du lac gelé, de nombreuses stalactites ont parvenu à se former. Par condensation sur les surfaces froides glacées, on observe même quelques bandes de brume.

      

 

                                                                                                                                                                                                                        

 

 

Quand on analyse de plus près les données provenant de Robert Rohde ainsi que de Gavin Schmidt, bien que cette vague de froid ait pu être exceptionnelle localement et remarquable de manière gloable où plus de 75% du territoire américain a connu du gel et même des chutes de neiges ( jusqu'en Géorgie):  la courbe suivante représentant l'Amérique du Nord, plus particulièrement les Etats-Unis laisse présager que les vagues de froids du siècle dernier furent généralement bien plus sévères.

 

 

III) EVOLUTION PLUS RECENTE DE LA CONFIGURATION SYNOPTIQUE EN AMERIQUE DU NORD NOTAMMENT AUX ETATS-UNIS

 

 

On remarque comme le témogine ces cartes issues des simulations numériques de l'atmosphère que le temps est très changeant, alternant le froid très intense et la relative douceur. Ainsi à Chicago en l'espace 2-3 jours on est passé des températures inférieures à -30°C à + 10°C ce qui est un choc totale y compris pour la végétation qui a dû mal à suivre: on a d'ailleurs redouté des inondations locales en raison de toute cette neige qui s'est longuement accumulée. Après le remarquable redoux, les températures baissent de nouveau et c'est reparti pour une nouvelle période froide et humide prolongée ( mais sans commune mesure notamment sur le plan des tempérautres avec la vague de froid passée).

Les variations  de températures peuvent être spectaculaires plus particulièrement sur sur les vastes surfaces terrestres comme sur le Midwest aux Etats-Unis. Chicago n'en échappe pas à la règle. : entre le 11 et le 12 novembre 1911, la température maximale passe de 23,3 à 0.0°C, et la minimale de 0,0 à -10,6 °C.          Le 8 février 1900, la température chute de 16,7 degrés à -12,2 degré, soit une amplitude de 28,9°C.
Le 26 mars 1908, le thermomètre chute  de 21,7 à 5°C entre 14 et 15 heures.
 

                       

                                                              

 

 

En parallèle ce qu'il se passe sur le Nord Ouest des Etats Unis est exceptionnel: à Seattle il s'agit du mois de février le plus neigeux de ces 70 dernières années.

Voici quelques éléments explicatifs à ce sujet:

 

Les 4 premières images sont les analyses d'altitude et la cinquième image centrée au milieu est une analyse de surface.

 

Pour expliquer brièvement la situation, on en revient à ce qui a déjà été évoqué plus haut, les sinusoïdes du Jet le conduisent beaucoup plus au Sud de sa position habituelle pilotée en plus par un flux dépression de secteur Nord Est. On retrouve donc un afflux d'air très froid du côté de Seattle, Portland ( dans une moindre mesure) , sur une bonne partie du Nord-Ouest américain avec la formation de dépressions réccurrentes et puissantes qui font du surplace. Ces dépressions sont puissantes puisque le gradient de pression et de température est très important ce qui tend à les dynamiser. Plus au Sud et plus à l'Est les pressions sont orientés à la hausse: tout ceci contribue à provoquer une situation de blocage sur le grand Nord-Ouest américain plus particulièrement. 

Les analyses d'altitude nous permettent respectivement de déterminer, la faiblesse du Jet englobant ces zones du NO, le flux perturbé et dépressionnaire se manifestant, l'advection d'humidité assez importante combinée en plus à une coulée d'air froid très importante entrant en conflit avec l'air beaucoup moins froid plus au Sud. La dernière carte qui représente les analyses de surface nous permet de localiser les différents centres d'actions en surface qui peuvent être bien évidemment déduits en partie par les analyses d'altitude. 

        

  

 

                                                                 

 

 

 

 

A Seattle, les 15 cm sont approchés: ponctuellement hors agglomération les 20 cm peuvent être atteints et il n'a pas fini de neiger.

 

 

A Ferndale, toujours dans l'Etat de Washington ( à 200 km au Nord de Seatlle), la situation est bien plus préoccupante: il y a bien le double de la quantité de neige qu'à Seattle et il continue à neiger fortement.

 

 

Les conditions ont également été très hivernales à Regina au petit matin du 8 février 2019 avec -40°C localement relevé et un windchill de -51. 

 

 

Le plus gros en terme d'épisode neigeux semble se profiler entre ce lundi après midi et ce mardi 12h00: l'on pourrait atteindre les 30 à 40 cm à Seattle, localement les 50 à 60 cm hors agglomérations et dès les premiers reliefs. Plus on descendra vers le Sud plus la limite pluie neige aura dû mal à s'effectuer en raison d'une masse d'air considérablement plus douce. Ce qui est sûr c'est qu'au Nord de cette ligne là où se trouve Seattle, le plus gros semble se profiler durant les prochaines heures. On risque donc d'en entendre parler. 

 

 

La limite pluie-neige pouvant nous réserver de belles surprises surtout sur de tels zones peu habituées à un tel froid, il convient donc d'être particulièrement vigilant à ce sujet.

 

En tout cas le NWS opte pour un scénario avec des températures bien inférieures aux moyennes durant les prochaines heures voire les prochains jours sur cette partie des Etats-Unis avec une probabilité jugée vraiment importante. 

 

 

Le NWS est particulièrement alarmant sur l'arrivée de cette seconde salve neigeuse ( ce lundi et ce mardi) pilotée par la dépression présente plus à l'Ouest. 

 

                

 

Le but de cet article était de faire un bilan de la vague de froid remarquable qui s'est produite en Amérique du Nord en essayant de donner un maximum de clés de compréhension aux lecteurs. J'en ai également profiter pour revenir sur la synoptique inhabituelle que connaît actuellement le Nord Ouest américain. 

Comme vous pouvez vous le douter l'hiver est loin d'être fini et de nouvelles descentes d'air froid humides sont attendues durant les prochains jours notamment sur une large partie centrale des Etats-Unis ( mais à priori ça resterait sans commune comparaison avec ce qu'ils ont connu) avec de fréquentes chutes de neiges attendues ( généralement entre 15 et 20 cm sous les différentes salves, ponctuellement plus). Mais cette fois-ci c'est surtout au Québec, Montréal ...que les chutes de neiges pourraient s'avérer les plus intenses et les plus durables où elles pourraient dépasser localement les 30 cm voire ponctuellement atteindre les 40 cm. 

Si la situation admet un caractère tout à fait remarquable et si nécessaire, un article pourrait être fait à ce sujet. 

Bonne lecture à tous.

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